LES EDITIONS DE L'ESCARBOUCLE                                                                    
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Ligne éditoriale de notre maison
            

  Notre maison d’éditions publie des auteurs qui sont des "travailleurs sociaux", c’est-à-dire des êtres ( quelle que soit leur profession, leur sentiment d'appartenance) qui portent un regard lucide sur notre époque et qui se préoccupent de notre condition humaine au sens profond du terme, afin de contribuer à l'amélioration du contexte social dans lequel nous évoluons. Leurs actions pourraient être associées à des artisans d’un Renouveau Social, artisans d'un nouveau monde, en quelque sorte, dont la posture intérieure serait de trouver, dès maintenant, seul, un sens à sa vie dans le sens de la vie des autres. En ce sens, il devient indispensable de libérer le passé de son passé, à commencer par le sien....

     Un des critères d’admission est le partenariat, la recherche, le travail collectif, la responsabilité, ainsi que l’engagement des auteurs dans leur vie quotidienne. En fait, l’auteur déploie un travail de vie intérieure qu’il souligne et qu’il détache de la vie ordinaire afin de le suggérer à ses lecteurs.

      Art, poésie, littérature, philosophie, politique, témoignage, les genres sont délibérément mélangés pour que la vision sur notre monde d’aujourd’hui soit le plus humaniste et holistique possible. Une dimension spirituelle et éthique nous donne pour peu que nous voulions nous y prêter, un sens à ce que nous écrivons afin que nos actions tissent des liens avec l’histoire de l'instant qui passe. Et cette histoire commence et recommence à chaque aube, dès que nous nous levons. Elle nous attend dans les petites choses de la vie.  

A propos....

   Il y a autant de points de vue qu'il y a d'étoiles, en voici un qui passe...     
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En cette période de l'immédiateté et de paradoxes extrêmes, où  les innombrables joujoux de la techno-science voudraient nous faire croire entre autre que le temps qui passe et le portable sont des facteurs d'évolution des consciences, l’acte d'écrire s’est transformé en machine folle de la fragmentation après tant de bouleversements technologiques et de déconcertantes mentalités. Aujourd'hui, emporté par les vagues torrentielles de la fatalité, les entreprises du livre fabriquent des ouvrages sans même savoir s’il y a une demande et il s'applique mille désordres à l'acte d'écrire, du fait d'attendre une quelconque reconnaissance, quelques gains en retour pour subsister ou pour se ressentir encore plus "Je" parmi les "Je", ce qui manifeste un acte incontestable de dissension psychologique à peine pris en compte. 

  De la sorte, d'un état de solitude mondial, en associant la littérature à une raison économique devenue pathologique, certifiée et normalisée, c'est en réalité toutes les intentions initiales de l'auteur qui s'assujettissent à une dite réussite par un calcul où le chiffre déterminera le bon et le moins bon écrivain.  Qu'importe ce qu'il a à dire ou comment il le dira ! Le chiffre met au jour la valeur de l'écrit et distingue les performances ! Ce qui est, me semble-t-il, une totale absence de sens d'associer ces deux aspects qui génèrent un conflit de l'entendement dans lequel l'ego prendra racine et deviendra encore plus, une expression vivante de son irréalité.

La complicité légendaire qui unissait l'homme à l'écriture n'est plus vécue dans son intégralité et l'état de crise plein de présages  à quelques moments ou en quelque lieu que l'on puisse le percevoir se trouve en nous-mêmes comme un immense reflet de la vie de l'humanité que l'on ne peut plus contester et auquel  nous devons répondre dès à présent par le partenariat. N'est-ce point le problème fondamental que nous rencontrons, le partenariat, ce fait d'être enraciner dans l'esprit, de faire et de construire les choses ensemble, de manière à pouvoir exister communément, librement, sans modèles de comparaisons et de croyances qui nous divisent et nous isolent de l'intelligence de la vie.

    De nos jours, le peuple des écrivains ainsi qu’un large public assistent à une diversité "littéraire "si surprenante alors qu'en même temps, un foisonnement de chiffres, de mesure, de normes industrielles et de comparaison comme des critères de la condition humaine, formatent les pensées des hommes. Disons, ce qu'il en reste  encore de libre, car à mon sens, cette diversité "égomaniaque" rejoint si peu une unité vivante, mais plutôt un centre de l'individualisme qui par manque de démarche intérieure, a écarté l'intelligence même de la vie qui est le partenaire même de l'évolution du genre humain.

     Discernons ensemble qu'il ne s'agit pas de jeter la pierre aux contenus, aux différences des genres ni à tous ceux qui écrivent, mais de comprendre notre époque, son message de vie, le besoin d'écrire, les accomplissements de l'écriture, de quoi ils sont l'onde, le reflet, et les enjeux qui gravitent autour de l'écrit. En un mot, l'acte d'écrire ne devrait pas renforcer l'égo mais plutôt nous aider à comprendre  et à percevoir ses agissements afin de s'en libérer. N'est-ce point là, la seule condition humaine qui nous amènera à voir naître une nouvelle civilisation? 

      En fin d'année, le pilon a quelque chose d'universel, il remplace l’acte de conscience où des milliards de livres sont détruits. Le prêt à penser, le prêt à parler et le prêt à écrire sont prêts à disparaître dans les oubliettes.  Nous voyons bien que tout ce que touche l'intellect génère du conflit, de la pensée mortifère, des castes, du refoulement, de l'isolement, de la douleur publique, et non pas de l'intelligence et du rassemblement.

    Pour conséquence de fragmentation, le métier de libraire a muté. Dans les salons du livre, les "moi" enflent à grandes gorgées et tapent de la couronne derrière leur stand où ils  se prennent pour de très Grands Rois et aussi loin que s'étirent leurs royaumes cervelesques. Les petites librairies s 'éteignent à petits feu, nos vieux libraires sont en voie de disparition,  comme du gibier`militaire conquérant, les livres durent trois mois à tout cassé, dans les échoppes et sur les indéboulonnables marchés du livre. Il y a des prix pour intellectuels, il y a donc des premiers  de la classe et des derniers de la voyelle, des récompenses et des châtiments qui salissent somme toute le verbe, donc le reste du monde.  Les agissements du "moi" sont ainsi renforcés au lieu d'être compris et franchis, ce qui donne tant de surface à la profondeur.

    De ce chaos d'espérances où s'abaissent les âmes nobles,  par conséquence, ramené tout droit à son Intellectus, et seul en son tombeau, l'homme de notre siècle écrit alors de plus en plus, avec tous les rêves et les honneurs d'en faire carrière ou du moins prestige dans son quartier.  Or, de cette coproduction conditionnelle, une majorité d'écrivains alimentent en fait un "ego" qui n'est plus au service de la vie sociale. Sait-on encore pourquoi nous écrivons?

Pour devenir célèbre, vu et reconnu, dans la solitude de la nuit des temps  ! Pour devenir "un quelqu'un" ! Mais tout ce processus du "Je" et de la gloriole  tue aussitôt la vie même qui nous a vus naître. Il semble que nous ne l'avons toujours pas compris. L'espace individuel qui nous est octroyé pour nous réaliser ensemble est de servir la vie et non de boucher cet espace chacun dans son coin, troublant ainsi l'harmonie de "ce qui est".

        La surproduction éphémère du livre favorise immanquablement la qualité des  contenus substantiels des écrits ainsi que leurs éventuelles démarches par une succession de nombres, de statistiques, de publicité, de marché autour de l'écrit qui n’ont de cesse de se justifier et de se comparer, d'où résulte une sorte d'abîme intellectuel. De ce fait, contenu dans son mélange, des systèmes créent alors des sous-systèmes économiques  qui revendiquent une littérature d'ici et d'ailleurs, un intellectualisme (pensées mortes) aux trousses. Le contenu de leurs sources ou projet initial de l'écrivain est souvent oublié, voire perdu, pour satisfaire des mesures  avides et émiettées  qui n'insufflent aucune vie au marché du livre et guère de questionnement dans les consciences.

 
  Il se produit alors une dissociation sans précédent au sein même de tous les acteurs qui gravitent autour du livre (même chez ceux qui ne lisent pas) et qui ne permet plus au peuple des écrivains et celui des lecteurs de devenir une seule et même famille que Tout rassemble. En cela, à notre époque égotique au possible et en dépit des étrangetés de notre temps, où les arts  et de manière générale, la sensibilité humaine, sont soumis à d’impitoyables et sordides systèmes de normes et de calculs, il devient incontournable face à ce trouble vivant de penser et d'agir autrement pour renouer avec Un Bon Sens de la Vie Oublié, les uns avec les autres, et ce, dans tous les domaines de la vie sociale, sans exception.

 Bocampe

 



                                                                                


 

 

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