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Travailleur social en
manque
en manque de
lui-même
GENRE :
Science humaine et suite perspicace du livre " Lettre à un
ami analphabète"
Regard lucide sur le
travailleur social et le dit handicap qui en a surpris plus
d'un, notamment lorsqu'on découvre que le handicap n'est pas
ce qu'il nomme et qu'il est encore encore moins là où il se trouve....

Format A5 couverture laminée brillant,
illustration de Olivier Blandenier, intérieur 180 pages sur
du papier écru
Prix en euros 22 prix en frs suisse 35 port compris
Isbn: 978-2-9700557-6-1
Prix : 35.- CHF (22 euros) port compris.
- le livre au
format 
Article de R.
Digiacomo / pour la revue Tournant 17/2

Article de E. Vaucher / pour la revue
AvenirSocial.ch
27/6.08

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Résumé
Les
lecteurs qui ont suivi Bocampe dans ses précédents ouvrages ont
compris, assurément, que l’auteur est un homme engagé. Ils sauront, à le
lire ici, qu’il l’est à titre d’éducateur spécialisé auprès de
handicapés mentaux. Or, Bocampe récuse avec véhémence ce terme et s’en
explique. Pour lui, stigmatiser une personne en fonction de sa
souffrance – son handicap – revient à occulter, tout simplement, la
possibilité d’une rencontre entre deux individus. Il n’y a pas, pour
lui, d’une part un handicapé – qui subit – et d’autre part un éducateur
– qui sait –, mais un « être différent » face à un professionnel, qui
ferait bien de s’interroger sur ses propres lacunes.
Bien sûr, il y a
lieu de s’interroger sur la place que la société actuelle daigne
accorder aux « êtres différents », sur sa tolérance toute relative à
accepter en son sein des marginaux. Encore un terme détestable,
puisqu’il voudrait faire croire qu’il existe des gens « normaux » qui
figurent dans le texte, ou l’écrivent, et des gens radicalement autres
qui ne peuvent le lire que depuis la marge. Encore heureux qu’ils soient
tolérés dans le format du papier ! C’est l’objet des derniers chapitres
de ce livre, rédigés par des acteurs sociaux invités ici par Bocampe à
prendre position. Bien sûr, il conviendrait aussi d’examiner avec
circonspection tout ce qui relève de la politique sanitaire et de
l’action sociale de l’Etat, des (maigres) moyens, sans cesse rediscutés
et revus à la baisse, qu’il octroie du bout des lèvres… Mais l’enjeu
véritable se situe à un tout autre niveau.
A
l’heure où l’informatique, les « ressources humaines », le scientisme et
la technologie semblent vouloir – ou pouvoir – procurer TOUS les moyens
de résoudre TOUS les problèmes, il devient urgent que le travailleur
social prenne conscience que le succès de sa mission ne dépend pas de
ces gadgets et des espoirs de perfectionnisme qu’ils génèrent. Mais de
son engagement véritable à défendre la cause de ces « êtres différents
», pour autant qu’il comprenne qu’ils ne représentent pas des cas, des
dossiers, des patients ou des clients, mais des compagnons de route.
Message urgent que délivre ici Bocampe.
Il
y a pourtant plus de cinquante ans, déjà, qu’un certain Winnicott nous
rappelait que la réussite de la prise en charge d’un nourrisson ne
dépend pas d’une mère parfaite, mais d’une mère « good enough », « suffisamment bonne », c’est-à-dire juste suffisante,
passable, mais consciente de ses manques et prête à trouver des
solutions personnalisées pour y pallier.
Jean Grin
Sociologue, animateur socioculturel
Vice-président de l’Association Vaudoise des Ecrivains
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