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        Le Temps Vivaldi   

 

GENRE : ballade littéraire autour des quatre saisons. Entre le conte et la beauté de la vie, CE Récit de Mère nature rend un magistral hommage à la vie. Voici qu'une perce neige sur un tapis volant nous parle de métamorphose et de temps qui passe... (de la belle plume)...
  

Format 17/17, couverture laminée brillant,
illustration de Olivier Blandenier. 85 pages sur
papier ancien écru.

Isbn: 978-2-9700557-4-7

Prix : 26.- CHF (16 euros) port compris.

 

                                                                         Extrait

 

                                       Paletot hivernal

       D’aussi haut que je tire mon origine, me voici au matin fraîchissant d’une nouvelle existence que je salue au passage, en cette période froide des quatre saisons. Glague ! Glaguou ! Voilà l’hiver naissant qui augmente dans son imagination, il est à un demi-ton d’un mystère qui animera mon premier souffle en fleur. Le soleil en défluence s’enfuit sur sa gamme pour illuminer d’autres mœurs. Ici en Occident, les étoiles sont devenues de petits soleils dans un ciel qui se rétrécit. La froideur de l’air s’est installée aux rondeurs. Le temps Vivaldi d’un calendrier que les hommes cherchent à aplanir à son corps défendant.

     Une humanité en débandade, tracassière et tressaillante, penserait-elle une fois encore que l’hiver est un état d’engourdissement du vivant ? Que l’hiver est le sommeil d’une nature morte ?

     Lorsqu’il s’agit de passer seul l’hiver avec lui, personne ne peut se dérober à sa propre et périlleuse évidence. Gardiens des nuages et des cimes, ouvrez-moi vos portes !

      Tel est mon mot de passe : « Le bois se grave debout. » Oh ! transparence ! Tu as toute l’authenticité de l’impossible.
J’entre spontanément girant de l’âme et me retrouve au pied de mes propres racines.

     Ce jour, la nature est austèrement défleurie par l’hivernage. La vie s’est retirée au sein de la terre pour mettre à souhait des projets de vie que l’automne a confirmés. Et à ce sujet, il est une noble coutume chez nous au pays des graines : s’entretenir avec « poussière qui pense ».

      Poussière ici, poussière là, poussière en vie, « être de vie et de délivrance ». La communauté existentielle n’est rien d’autre qu’une poussière qui pense, un flambeau qui passe de relais de conscience en relais de forme et qui donne le témoin à la vie.

      Flambeau soit donc loué ! Actuellement, avec les forces qui plissent l’écorce terrestre et telle une baladine, me voici graine sous trois nobles pieds de paysan. Sous terre, je vis, je respire et je mets Origine ma vie en balance. Je suis graine, je suis éternité, tenue en pensée par un solfège d’intentions. Tout comme le reste, je passe dans la suite du temps, évolue et me débourbe dans son élan. Et vous savez, c’est aujourd’hui mon anniversaire. Sur le fond d’une ambiance en fête aux apparences inanimées, je m’étoffe d’une nouvelle année solaire.

     C’est un vent de lumière et d’expérience qui d’une maîtrise inouïe m’a transportée dans cet abri de germes que personne ne peut voir avec des yeux ordinaires. Le froid installé, je séjourne pour une courte saison durant dans une partie de la surface de la terre transformée en crevasses de gel.

     L’an dernier, comme chaque année en février, longtemps après avoir annoncé que l’hiver aurait une fin dans une fraissine, je me suis placée à la fenestrelle des vents toute dévêtue de mon blanc d’albâtre. Frisque ! si vous aviez vu cela. J’en ai encore un friselis de feuillage. Pffftut et vvvuuueeehhh ! pfffut et vvvveeeevvuueevveee ! Autant dire qu’emportée comme un fétu, j’ai voyagé par-delà ce monde merveilleux du dehors et du dedans. Oui, jusqu’à ce suprême instant de fin d’automne où je me faufilai sur ce plancher de terre fendillée.
Ah ! j’en ai vu des levers et des couchers d’étoiles. Si vous saviez ! J’en ai vu tant…

      Telle est maintenant ma situation, je suis infailliblement transformée une fois de plus en libre semence. Mon appellation en ce bas monde est Clochette d’Hiver, mon nom au ciel est : « Fille Paletot hivernal




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