Ce
livre est un livre de colère, un livre de combat.
Son urgence m’est apparue après la lecture d’un
ouvrage de Gérard Guillerault qui, sous couvert de
rendre hommage à Françoise Dolto, voudrait faire
croire que Winnicott, somme toute, n’était pas tout
à fait un psychanalyste.
Le tort de l’Anglais ? Ne pas voir
insisté sur l’importance du langage, et axer sa
réflexion sur le processus de développement de
l’enfant. A relever d’emblée qu’il serait possible
d’inverser cette proposition en d’en adresser une
critique alors similaire à Françoise Dolto !
L’équation posée par Gérard Guillerault est simple
(simpliste ?) : parce que la théorie « doltoienne »
accorde, dès les premiers jours de vie du
nourrisson, une importance primordiale à parler à
l’enfant, ce dernier devient alors sujet à part
entière, donc, ipso facto, a accès au
symbolique (une notion toute lacanienne, mais
l’auteur n’en souffle mot). A l’inverse, parce que
Winnicott ne parle pas du langage, il fait de la
mère un simple élément environnemental et est dès
lors obligé de recourir à un artifice – l’objet
transitionnel – pour étayer sa théorisation.
Conclusion : Winnicott ne fait plus de la
psychanalyse, mais de la simple psychologie ! Les
psychologues non analytiques apprécieront…
Or, justement, l’objet transitionnel
n’appartient pas au domaine des « trouvailles »
d’une psychanalyse de second acabit. Dans les
derniers pans de son œuvre, Winnicott a insisté sur
le fait qu’il ne saurait en aucun cas se résumer à
un bout de tissu, un coin de couverture, une peluche
ou tout autre objet mou, ou encore au babil du
nourrisson, mais qu’il représente la véritable porte
d’entrée du domaine de la créativité humaine.
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