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 En chaque homme une  révolution

 

GENRE : Essai (percevoir pour mieux comprendre)


Résumé : Analyser ses maux, s'en plaindre ou se mettre en relation avec notre humanité n'est pas le même travail. L'un est un travail intellectuel, l'autre est un acte de conscience. A quoi bon battre en argument une tare en brèche, ce qui est important est de comprendre pourquoi la brèche existe et pourquoi elle est ouverte. Le travail de la sensibilité et de la perception n'est pas le même travail que celui de l'intellect qui est somme toute, l'application et le mouvement même de la souffrance.  Extrait du livre



Format 23/14, brochage dos collé carré-rogne trois faces couverture laminée brillant, papier ancien écru, 95pages.
ISBN : 978-2-9700614-5-8


Prix : 24.- CHF (15 euros) port compris.


Extrait ....

La complexité de l’homme debout

   

 

     Faire le voyage incessant du système Intellectus à la recherche d’une bouffée d’oxygène pour son délassement, est éreintant. Faire des efforts par le biais de l’intellect est épuisant. Quand je parle d’espace libre et du Temps de L’Inexisté, il s’agit de deux itinéraires qui ne vont pas dans la même direction. Dans les milieux de biens portants, il est courant d’entendre parler de fatigue psychique. Il y a des intellectuels qui disent que l’homme est complexe, mais le fait qu’il soit fragmenté renforce ces phases de latence et la difficulté de se libérer de l’étreinte du système s’en voit ainsi accentuée. En fin de compte, resté ignorant est une source de complexité étant donné que l’on ne peut pas comprendre ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur de nous-mêmes.

     Priorité de fin de semaine, il faut se ressourcer à n’importe quel prix, le temps de travail doit être raccourci, l’absentéisme au travail augmente, les maladies cervelesques s’accroissent, les maux de dos jouent du violon avec les assurances maladies, les vacances sont considérées comme la dernière ressource, les couples se déchirent à la moindre épreuve, etc. Chacun est à la recherche de son lagon et cela est devenu aujourd’hui un problème social d’autant plus difficile à résoudre vu que la pratique de l’égoïté est contagieuse et si justifiable par l’intellect.

     Doit-on considérer que pour la plupart des hommes, la vie du travail est t-elle, qu’elle est devenue un lieu de souffrance psychologique. Preuve est que lorsque nous n’animons plus de vie le système dans lequel nous sommes censés évoluer, les conflits de toutes sortes sont au rendez-vous de l’ego, et les plus connus sont les conflits de métiers, les conflits du « pouvoir merdeux », ceux du sexe et de l’argent. Ah les conflits de la fragmentation ! C’est le cachot.   

     En d’autres termes, la vie ne vient plus à l’homme car celui-ci a formaté son secret d’exister et l’a ensuite assimiler à un système qui coproduit sa condition ; et comble de fatalisme, ce secret sacré, il se privera de le découvrir sa vie durant. Telle est la facture commune à chacun, lorsque nous oublions de concilier le métier d’homme debout avec la santé mentale du système qui, ne l’oublions pas, nous rassemble dans un premier temps. Le déni de l’être de la vie est considérable de conséquences et malgré les obsédantes tentatives de la pensée morte, il n’a pas encore été possible de gérer un homme comme on gère une entreprise.  Il va de soi que la vie n’est pas domptable et que toute sa poésie n’est pas intellectualisable, ne croyez-vous pas !

     Etablissons encore une différence entre deux types de pensées, de nourritures, d’émotions, de prédisposition ; soit un courant de pensée (la coproduction conditionnelle) nous associe au système Intellectus Premier, soit une énergie de différente nature (la coproduction existentielle) nous met en relation avec la vie dans laquelle nous trouvons les forces de participer activement à l’évolution du système commun à tous. Ce sont deux versants dont le second perd toute sa caractéristique égotique. En fait, de ce qui coproduit notre condition humaine, nous sommes toujours amenés à distinguer les phénomènes du mental qui manipulent les apparences de notre présence à la vie qui, seule, réalise l’état d’être.

       Il y a la coproduction conditionnelle qui génère sans cesse des causes et des effets et la coproduction existentielle qui enfante de la vie à travers le réseau de l’instant. La première coproduction étant en quelque sorte un outil de travail qui permet à l’homme debout d’être l’artisan de sa vie intérieure.  L’espace individuel prend là tout son sens, il ne s’agit plus d’individualité, de « moi », mais d’espace de vie, de « suprasensibilité ». Il n’y a ni propriété ni propriétaire.

     Je veux parler d’un espace de vie partagé, et là est toute la nuance. La création est un silence partagé… Un silence sans point et sans cercle. Somme toute, nous ne faisons qu’apprendre à cohabiter avec l’espace et le temps, sauf que sans espace, il n’y a plus de place à la vie tandis que le « moi » et le temps font bon ménage.

       Il ne s’agit pas de fuir le système et de vivre au sommet des montagnes, le système aura de toute façon vite fait de nous retrouver, tôt ou tard, et les chocs seront à la hauteur de la fuite. Il ne s’agit pas non plus de renier le système, mais au contraire d’y apporter, tout à fait librement, sa touche vivante d’amour.  S’exercer à cette tâche ne peut se faire sans acte de création. Mais la création n’est pas un processus intellectuel, ni une réaction à un fonctionnement et encore moins une fusion avec une substance psychotrope. Elle n’est pas un chemin vers lequel on va la tête médiatisée. La création vient à nous dans la mesure où nous cessons d’être fragmentés entre ces deux coproductions, l’une existentielle et l’autre égotique. En quelque sorte, la coproduction conditionnelle est un outil de travail avec lequel nous sommes destinés à être ce coup-ci, l’artisan d’un nouveau monde. L’individualité, le je, l’ego, le moi, ne sont plus ni le départ ni le centre de la perception.

     Sommes-nous prêts à accepter que toutes les connaissances et les croyances associées à la coproduction conditionnelle nous conservent dans une parfaite ignorance de nous-mêmes, donc, par conséquence, prisonniers de concepts dans une clôture mentale limitée, nous restons étrangers à la vie et du reste du monde.

     Le flux de la vie est une posture portée par nos états de profondeur. C’est ainsi que l’être a toujours un regard neuf, n’est-ce pas, auquel cas, il ne peut être manifeste, alors que l’homme qui souffre trouve le temps long car l’homme qui souffre a perdu son reflux, son « respir » Discernons autour de nous ce qui se répète dans le temps de ce qui est libre dans l’espace. Nous en aurons des choses à raconter à nos enfants après tel exercice de perception, n’est-ce pas !

 

   Dans le même temps, les savoirs du passé exaltent « ce qui n’est plus », par des images sans appartenances, des symboles, des cosmogonies, des traditions, d’indescriptibles stupeurs et d’accablements spiritualistes. Cette disposition aux croyances remplie certes l’impression d’existence mais à long terme cela engendre  des confusions et des divisions tout en renforçant le flux de l’intellect discursif. Généralement, il y a une dissociation avec le système suite à une dégénérescence mentale, car ce qui était d’actualité autrefois ne l’est plus aujourd’hui. Les acquis accaparants du passé empêchent de contempler les étoiles comme pour la première fois.  Ils procurent la souffrance d’un savoir qui se répète et qui n’insuffle pas de vie face aux réalités du monde. Cette continuité de « ce qui a été » refoule l’instant et tout ce qui se trouve sur son passage, c’est-à-dire, l’intelligence de la vie. Pouvons-nous comprendre et percevoir cela dans nos cœurs ?  

    Il ne s’agit pas de poser des réponses qui soulagent le « moi », mais d’amener des éléments doués de vie pour dynamiser le système qui régit notre quotidien. Je veux parler d’éléments de vie car la vie n’est réelle que dans la relation et le partage même de ce qui est au-delà de la relation. Et n’est-ce pas à partir de cette action que nous pouvons prendre conscience que derrière le bris de l’horizon, il y a autre chose que le « moi je » !

      Voyons encore sans souffrir d’aucune réserve. Observons ce qui se passe dans notre vie intérieure, comme pour la première fois. N’est-il pas surprenant de s’apercevoir que nous tirons ordinairement notre action d’un présent dont le contenu substantiel vient du passé ? Essayons de voir ce qui a prit domicile dans le fonctionnement de notre structure psychique et tentons d’en comprendre la dynamique, les enchaînements, les passages et les transitions, telle que la transition de la pensée morte à l’émotion conflictuelle ainsi que celle du fait aux parasites qui tourbillonnent autour du fait.  Ne faisons plus la même erreur pour ce travail pratique de passer par l’intermédiaire du « moi » ou de l’analyse en tant qu’action, car de par leur absoluité, ceux-ci vénèrent un système qui perpétue leur projection. Ce serait donc peine perdue puisque ce qui est projeté n’est pas la vie. Nous serions immédiatement transposés de nouveau dans l’opium de la clôture mentale.

       L’action, c’est la relation qui nous unit au vivant et l’une des conditions pour assumer notre responsabilité est de percevoir ce que nous faisons comme un état d’Intention, donc, un état de vie. Identifions l’origine de notre action sans nous prendre pour l’entité de cette action et nous saurons pourquoi nous sommes des êtres de relation. Comment regardons-nous notre femme, les femmes, les évènements du monde, les hommes riches, les mendiants des villes, les étoiles ? Qui regarde en réalité ? Et de quelle réalité s’agit-il ?  D’où vient ce regard et comment le conscientiser, le rendre libre d’espace et du temps, de ce qu’il voit et de qui voit ?

      Quand les choses arrivent, tenons-nous vraiment compte des circonstances qui les ont créées ? Quels sont nos réactions et nos sentiments face à ces faits ? Observons encore comme pour la première fois, essayons de donner du sens et du lien. Déjà, notre vie change, et changer c’est être en demeure dans l’état d’esprit de la vacuité, sans équivalence et sans certification. Ne sommes-nous pas des êtres intermédiaires entre deux mondes d’où découlent nos apprentissages et nos découvertes.

      Nous rapprocher toujours davantage de « ce qui est » et des teintes adoucies du Ciel et de la Terre ne passe pas par une discussion cervelesque mais par un acte de perception dépourvu de spéculations. Toute fonction cognitive est au repos, pouvons-nous comprendre cela et essayer de percevoir différemment sur toutes choses vers lesquelles se porte notre regard?

        A quoi servent nos connaissances en définitive ? A être contrit de tant d’incohérences et de différences sous d’épaisses couches d’égoïsme ? A gérer le fonctionnement d’un système qui à son tour régente la condition humaine, à coups de comparaisons, de mérites, de performances, de technologies joujoux, de chiffres, de calculs à Diable et de mesures à Dieu. Remarquable absorbation de nos continents, la technoscience a frappé partout ! Et quel résultat ? A ce sujet, observons les comportements des enfants du troisième millénaire.

     D’adrénaline et de boniments, le « moi », dans ces conditions de cristallisation de l’âme sensitive, s’encombre de savoir égocentré, faute de quoi, l’homme manque d’assiduité et finit par oublier qu’il existe. Tout bonnement, parce que l’ego n’est que le résultat de processus extérieurs qui le fabriquent. Il n’existe pas en tant qu’entité libre et autonome. Il est évident que l’Existé n’a pas de propriétaires. Difficile à avaler pour un blanc au visage pâle, qui, quand il lève les yeux au Ciel pense seul et rêve de lui.

 

 

       A vrai dire, comment peut-on rencontrer les autres hommes et participer à leur réalité, si nous sommes finalement totalement absent de l’instant. Cela signifie aussi que la connaissance intellectuelle reflète un état de forme du passé qui, pour se nourrir et se satisfaire, sacrifie l’instant : le siège de « l’être de la vie ».

     N’est-ce point une complète perversion de la connaissance que de servir ce qu’elle ne connaît pas tout en s’éloignant « de ce qui vient » ? Toutes pensées mortes est une cause qui a une conséquence sur la nature humaine. Ainsi naît la complexité des causes. Une complexité telle, que des situations rencontrées, l’homme ne peut plus en tracer les origines. La fatalité conditionne ainsi des milliards d’individus qui postulent pour des « moi » individuels et ils utilisent ce postulat pour s’insérer dans un système social qui est une parfaite réplique narcissique de l’ego.

    Et en même temps, quand celui-ci s’accalmit à l’instant, par l’absence du joug qui l’accable, par une entrée hors du temps, un être accède à la vie. C’est aussi le propre de chaque homme debout : se libérer d’une impression du « moi » qui se  joue d’une suprématie illusoire et totale.

 

 

 

 

                                              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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