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Caravane humaine
Premier
roman
GENRE : Roman initiatique et
familial tout plein de tendresse et de spiritualité.
L'histoire se déroule dans le Rouergue, en Aveyron. Une œuvre dans l'œuvre
Récit surprenant
et énigmatique qui semble retracé dix années de la vie
mystique de Bocampe à travers le Sud de la France...
Circonstancié
et agrémenté de descriptions poétiques et de considérations
sur la mort, Bocampe larde cette aventure d’images vivantes
caractérisées par une approche de celle-ci brillante et
pathétique.

Format A 5, brochage dos carré collé-rogné trois
faces, couverture couleur laminée brillant, couché
de soleil au cap Fréhel, 160 pages, papier ancien
écru + une photo noir/blanc sur papier glacé.
ISBN 978-2-9700540-6-X
Prix : 32.- CHF (19 euros) port compris. |
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Extraits
Dans
la pittoresque glèbe du Rouergue, aux racines de l’Aveyron
dans une contrée montueuse, une quiétude plane dans la nuit
brune, pensive, hormis un bambin qui braille dans les
ténèbres, accompagné par les sifflements du vent. Abandonné
sur le pas de la porte d’entrée de Notre Dame des Roses, un
monastère cistercien, le bébé gigote dans son couffin et
rend l’atmosphère babelesque. Tandis que les heures se
relèvent comme cire au feu, l’aube mordorée dans sa brièveté
saisissante déroule la pente du ciel sur l’épaule des
collines alors que les larmes de l’aurore s’emperlent dans
une féerie matinale, formant des arcs-en terre du plus
gracieux effet…
Avant de s’endormir, Jean porta un dernier regard vers la
coupe éthérée et se rappela une des phrases qu’Iram lui
avait confié.
« C’est un seul et grand pays où passe la caravane
humaine, elle ne peut passer sa route que plus en avant.
»
Ils bouleversèrent un regard plein de prouesses où des
romances secrètes roulaient dans leur poitrine comme une
boule de feu. Silencés, ils suivaient le sens de la marche,
les seuils étaient franchis sans aucun coup de tirage trop
vif, sans un manque.
Au sommet du Mont de la Tourmaline, Jean alluma son
dernier feu. Il contemplait les flammes fauves à la croisée
des chemins. Il se reconnaissait à ses accords, au même
diapason, à ses intervalles mélodiques. Avant d’être soulevé
d’une seule haleine par cette capitulation qui invite à
célébrer l’unité, les jambes croisées, les genoux touchant
le sol, la colonne vertébrale souple, immobile dans un léger
étourdissement de l’instant qui passe, il se rappelait l’une
ou l’autre des phrases D’Iram et de Lucien, tout en partance
vers un autre monde…
- Par ODIN !! regarde-les, voilà qu’ils se tiennent par la
main, mais ce n’est pas possible, j’en suis sur mon séant.
Louise, sous son chapeau de paille badinait de discernement.
- Qui peut savoir ce qui les amourache ? Peut-être
vivent-ils une bergerade ! Te rappelles-tu notre première
rencontre ? Tu gamberges ! Tu as le bec dans l’eau. Quand tu
as eu le béguin pour moi tu ne m’as pas montré ton béjaune.
- Heu ! heu !
Saperlotte
! cette abstruse ! cette inconquise ! l’inéclaircie,
cette échappée de l’analyse intellectuelle, la camarde, tu
me prends aux entrailles, c’est une éminente devinette !
Même Œdipe qui devina l’énigme du sphinx donnerait sa langue
au chat. La vie et la mort sont arrivées sur la terre sur le
dos d’une comète et ces deux antagonistes se sont coalisés
pour mener une action commune, côtoyer au présent le temps.
C’est ce que l’on ne peut pas comprendre quand on nous
l’explique…
Il l’abreuva d’attention, la caressa de l’œil, admirant sa
robe ornée de centaurées à fleurs aux côtés de bleues en
javelle, ses cheveux qui symbolisaient le spectre solaire,
la lueur de ses yeux dans l’intime ardeur de ses flammes qui
scintillait comme Sirius, son visage vénusien telle une nuit
sous une coupe de lumière…
- Jean, pourquoi pleures-tu ?
- Tu sais, à chaque fois que l’on pleure on grandit, on
devient davantage homme, je grandis un peu voilà tout.
- Ah ! il ne faut pas trop que je pleure, sinon je vais
devenir trop vite un adulte avec une barbe. Une vive lueur
traversa le regard de Jean qui ne put s’empêcher de rire.
-
Morbleu
! Quelle balluche de béotien prétend me battre froid ! Je
vais lui rabattre la jactance à cet espèce d’iroquois
riposta-t-il trépignant de colère, animé de courroux. Bran
pour lui ! C’est un comble ! Se faire agonir par un
béni-oui-oui, il a la tripe républicaine ce gabier de
poulaine. Et dire que ça va marmotter des patenôtres et tout
le tinamou… il ferait mieux d’avoir dans sa poche un
androdamas ce pisse-vinaigre. Bon à laps !
Le jour vint où Jean crapahuta à grand ahan le sommet
bolaire du mont de la Tourmaline. Il considéra les cendres
d’Iram, fleurant de son cœur un salut. Les cendres
s’éparpillèrent par un vent affraîchie qui s’époumone en
chassant les nuages dans l’air incommensurable. Intériorisé,
il redescendit ce sentier revêche plein d’infractuosités où
l’affleurement de fossiles aux marnes coulait en abondance.
Premier jour : l’insolence de mon génie dans un cafagnon
de moi-même, une vision idyllique m’apparaît, je te vois
traverser l’achéron d’une seule brassée dans le char de la
nuit, un miroir reflète ton invisible caravane montée vers
ce dernier refuge, l’art et la poésie.
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